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    Guerre du Kippour 6 octobre 1973

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    FAMAS

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    Date d'inscription : 20/06/2009

    Guerre du Kippour 6 octobre 1973

    Message  FAMAS le Dim 21 Juin - 22:47

    Le contexte

    Le 6 octobre 1973, il a vingt-cinq ans, le monde est frappé de stupeur : une nouvelle guerre israélo-arabe vient d’éclater au Proche-Orient. En ce jour de Grand Pardon (Yom Kippour) des israélites, en plein Ramadan musulman, les armées égyptiennes et syriennes viennent de lancer par surprise une offensive concertée contre les forces israéliennes stationnées le long du canal de Suez et sur les hauteurs du Golan. Ce conflit charnière aux rebondissements multiples, comme en témoigne le déclenchement de la crise pétrolière, modifiera durablement la situation géostratégique dans cette région clé du Globe. Personne n’imagine alors que ce nouvel affrontement sera à l’origine directe du processus de négociations entre l’Egypte et Israël qui aboutira, six ans plus tard, à la signature d'un traité de paix entre ces deux Etats.

    Ce nouvel épisode du conflit israélo-arabe trouve en fait sa genèse dans l’éclatante victoire remportée six ans plus tôt par l’Etat d’Israël sur ses voisins arabes, lors de la guerre des six jours de juin 1967. A cette occasion, les forces de défense israéliennes s’étaient emparées de la péninsule du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et des hauteurs du Golan, infligeant une cuisante défaite aux armées arabes. Trop sûres d’elles-mêmes, les autorités israéliennes avaient par-là même suscité un sentiment de revanche exacerbé dans le monde arabe, d’autant que la situation paraissait bloquée. Les Arabes, de leur côté, refusaient toujours de reconnaître l’existence de l’Etat d’Israël et la résistance palestinienne multipliait les actions terroristes à travers le monde. Toutes les missions de bons offices et les ébauches de règlement diplomatique avaient en effet échoué les unes après les autres, se heurtant à l’intransigeance des belligérants.

    Le Proche-Orient à la veille de la guerre d'octobre 1973

    Le contexte (suite)

    Peu de temps après son arrivée au pouvoir, à l'automne 1970, le président égyptien Anouar el-Sadate éprouve le besoin urgent de faire évoluer cette situation figée catastrophique pour lui, tant pour sa survie politique que pour la ruine économique menaçant son pays. Ce déblocage ne semble pouvoir s’opérer que par le biais d’une nouvelle guerre. En accord avec le président syrien Hafez el-Assad, il prend donc l’initiative de déclencher celle-ci. Il ne s’agit pas là d’un coup de théâtre de dernière heure, mais d’une décision mûrement réfléchie arrêtée par le président égyptien en mai 1972, après le sommet de Moscou au cours duquel les deux grandes puissances ont entériné le principe du maintien du statu quo au Proche-Orient. Sadate ressent dès lors la présence soviétique comme une réelle contrainte entravant sa marge de manoeuvre. Il décide donc de recouvrer sa liberté d’action en expulsant en juillet 1972 la plupart des conseillers soviétiques présents sur son territoire. Parallèlement, il multiplie les pressions sur Moscou pour obtenir les armes modernes tant attendues. Lors d’une réunion du conseil suprême des forces armées, le 28 octobre 1972, il nomme au poste de ministre de la guerre l'un des militaires en qui il a le plus confiance, le général Ahmed Ismaïl Ali, le chargeant de superviser les plans de bataille arabes. Le général Ismaïl et le général Shazli, chef populaire de l’état-major général, entament donc avec leurs homologues syriens la planification rigoureuse d’une offensive limitée ne visant qu’à récupérer le plateau du Golan et le secteur du canal de Suez.

    La question des buts de guerre arabes a suscité a posteriori bien des débats. Bien que certains chefs d’Etat arabes, rejoints par certains dirigeants palestiniens, prêchaient ouvertement la destruction de l’Etat hébreu, aucun chef d’Etat voisin d’Israël n’envisageait sérieusement une telle hypothèse, pas même Hafez el-Assad. Outre l’incertitude que faisait planer sur l’équilibre régional l’existence virtuelle d’un arsenal nucléaire militaire israélien, certains pays comme l’Egypte, la Jordanie ou le Liban avaient déjà tacitement admis le principe de l’existence d’Israël sur la carte du Proche-Orient. Seule l’étendue de son territoire posait problème. Le président Sadate a déclaré à ce propos que si l'Egypte ne devait reconquérir ne fut-ce qu'une tête de pont sur la rive orientale du Canal, cela serait déjà pour lui une victoire.

    La décision des présidents Sadate et Assad de recourir à la guerre n’est rendue possible que par la réduction de l’écart qualitatif entre les armées arabes et israéliennes. A la veille de la guerre du Kippour, les armées arabes se trouvent dans une situation indéniablement meilleure que celle qui était la leur à l’issue de la guerre des six jours. Elles ont non seulement reconstitué leurs arsenaux, mais elles les ont encore renforcés, se préparant soigneusement à une offensive de grande envergure.

    En 1973, les armées arabes paraissent galvanisées par un esprit de revanche visant à reconquérir les territoires perdus en juin 1967 afin de restaurer l’honneur de leurs armes ; de ce fait, elles sont prêtes aux plus grands sacrifices. Ce résultat est le fruit de plusieurs années d’entraînement et d’efforts ininterrompus, imputables en grande partie au général Saad el-Shazli, chef de l’état-major général égyptien.

    L’armée israélienne parait quant à elle paradoxalement plus puissante et mieux équipée que par le passé. Elle vient de recevoir du matériel américain extrêmement performant, lui assurant a priori une supériorité incontestable. Elle développe néanmoins à l’encontre de ses adversaires arabes un formidable complexe de supériorité anesthésiant son sens des réalités. L’armée israélienne subit en outre un insidieux phénomène de dégradation qui se répercute tant sur sa doctrine d’emploi des forces, que sur l’institution elle-même. Sa stratégie privilégie désormais la défensive, comme en témoigne l’édification de la coûteuse Ligne Bar-Lev le long du canal de Suez. Ce phénomène ne fait que reproduire celui affectant une société israélienne en pleine mutation, à la croisée des chemins. La plus frappante manifestation en est l'échec des services de renseignements qui, handicapés par des dysfonctionnements et des rivalités internes, sont leurrés par le remarquable plan de déception soigneusement élaboré par le Moukhabarat égyptien.

    Le milieu



    Arrow Le front Sud

    Ce théâtre d'opération, qui est centré sur la zone du canal de Suez contenant la Ligne Bar-Lev, englobe la partie occidentale de la péninsule du Sinaï. Il forme un rectangle d’un peu plus de 200 kilomètres de hauteur et de 80 kilomètres de largeur.

    La zone du canal de Suez relie la Méditerranée à la Mer Rouge. Elle est bordée au nord par l'étendue marécageuse de la lagune Manzala, qui rejoint le delta du Nil, et au sud par les contreforts du grand erg oriental et du djebel Ataqua qui culmine à 871 mètres d'altitude. Ce dernier constitue un observatoire de choix. La rive occidentale du Canal est doublée par un canal d'eau douce, entre Kantara et Suez, qui irrigue une étroite bande agricole le long de cette rive. L'ensemble de cette zone est principalement constituée d'une plaine sablonneuse et rocailleuse, d'où émergent quelques collines dont l'altitude excède rarement 200 mètres. De nombreuses pistes maillent cette partie du front, facilitant le mouvement des forces. La zone est faiblement peuplée, depuis que les villes bordant le Canal ont été évacuées pendant la guerre d'usure. Seuls subsistent de très nombreux camps militaires.

    La ligne Bar-Lev se compose d'une trentaine de fortins israéliens adossés au rempart de sable bordant la rive orientale du Canal. Chaque poste, espacé d'environ cinq kilomètres, est équipé pour l'observation visuelle et électronique. Des orifices de tir sont aménagés dans toutes les directions, couvrant ainsi l'ensemble des secteurs d'où pourrait provenir une attaque ennemie. Ces fortins peuvent accueillir quelques pièces d'artillerie, ainsi que trois ou quatre chars. Chacun d’entre eux a été conçu pour résister à l'impact direct d'un obus de 155 millimètres ou d'une bombe de 500 kilogrammes. Une seconde ligne de défense est située à quatre cents mètres en retrait. Des murets, des champs de mines et des tranchées complètent enfin le dispositif, défendant les accès aux routes principales. Les différents ouvrages de la Ligne sont reliés entre eux par un important réseau routier dont trois rocades parallèles : la première, dénommée Route Lexique, borde immédiatement la voie d’eau et permet d’accéder aux fortins ; la seconde, à une dizaine de kilomètres plus à l’est, juste derrière la première ligne de crête, est identifiée sous l’appellation de Route de l’Artillerie – elle permet en effet à l’artillerie israélienne de se déployer sur ses positions de tir ; la troisième, enfin, connue sous le nom de Route Latérale, est située à une trentaine de kilomètres à l’est du Canal et permet le basculement des forces d’un secteur à l’autre du front.

    La péninsule du Sinaï relie l'Afrique à l'Asie. Elle forme un triangle désertique dont la moitié méridionale est constituée par un massif montagneux chaotique, qui culmine à 2 642 mètres d'altitude au niveau du djebel Katherina, près du monastère Sainte-Catherine. L'extrémité nord-ouest de la péninsule, près de Port-Fouad, est occupé par la lagune Mallaha, véritable marécage qui constitue un obstacle naturel pour les unités mécanisées. Un réseau de dunes s'élève progressivement à l'est de la voie d’eau, facilitant la défense de la rive orientale du Canal. La côte occidentale de la péninsule du Sinaï est parsemée d'exploitations pétrolifères qui constituent un réel enjeu stratégique. Les principaux axes de communication sont orientés est-ouest. Deux routes côtières se rejoignent néanmoins à Sharm el-Sheikh.
    Arrow Le front Nord

    Ce théâtre d'opération est centré autour du plateau du Golan, qui relie Israël et la Syrie. Celui-ci forme un trapèze qui s'étend sur une hauteur d'une soixantaine de kilomètres et sur une largeur d'une vingtaine de kilomètres. Son altitude moyenne est de l'ordre de 800 mètres. Le plateau présente un relief accidenté et des sols d'une grande diversité, alliant les zones fertiles aux zones arides et caillouteuses, parsemées de roches basaltiques. Une ligne de tertres volcaniques partiellement boisés partage le plateau en deux. Cette ligne forme un ensemble défensif pour qui la contrôle. Elle n'est cependant pas continue. Trois couloirs de pénétration la traversent : il s'agit des trouées de Buqata/El-Rom, de Kunéïtra et de Rafid. A l'ouest, le plateau surplombe le lac de Tibériade. Plus au nord, les hauteurs du Golan viennent mourir en pente douce le long des rives du Jourdain

    La chaîne montagneuse du Hermon, partagée entre le Liban, la Syrie et Israël, domine au nord le plateau du Golan. Elle culmine à 2 370 mètres du côté israélien et à 2 814 mètres du côté syrien. Ses versants abrupts entravent considérablement toute progression. De son sommet, on peut observer l'ensemble du plateau. Les gorges encaissées du Yarmouk et du Ruqqad le délimitent au sud. Le vaste amoncellement basaltique du Leja, qui voisine le désert de Syrie, en marque la limite orientale. La plaine de Damas en constitue le prolongement naturel au nord-est. Le relief y est moins accidenté et la circulation plus facile. Les seuls obstacles sur cette plaine ondulée sont constitués par quelques tertres qui dominent les alentours d'une centaine de mètres et par les concrétions basaltiques qui s'étendent de part et d'autre de Sassa, constituant par là même une zone difficilement franchissable pour les unités mécanisées.

    Cinq routes traversent le Golan. L’une d’entre-elles, connue sous le nom de Route du pétrole, suit le tracé du Trans-Arabian-Pipeline (TAP). L’ensemble du plateau est inhabité à l'exception des garnisons militaires qui y sont installées, de quelques colonies créés par les Israéliens et de la bourgade druze de Majdal-Shams. La plupart des villages syriens ont été évacués après la guerre des six jours. La ville de Kunéïtra, jadis capitale du Golan, est déserte.
    A SUIVRE...
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    FAMAS

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    Re: Guerre du Kippour 6 octobre 1973

    Message  FAMAS le Dim 21 Juin - 22:53

    Arrow Les implications du milieu sur le combat
    Les dimensions des deux théâtres d'opérations sont restreintes. Le terrain difficilement praticable en dehors des routes tend à canaliser le mouvement des forces et à compartimenter le champ de bataille. L'absence de végétation rend difficile la dissimulation des unités. Les conditions météorologiques exceptionnelles favorisent l'emploi intensif de l'aviation et facilitent le repérage des unités. Les déplacements de colonnes blindées, qui soulèvent d'importants nuages de poussière ou de sable, sont visibles de très loin. Le champ de vision généralement dégagé autorise des tirs à longue distance. Les rares promontoires et carrefours deviennent des objectifs prioritaires. Le réseau routier revêt une valeur stratégique cardinale et son bon entretien garantit la rapidité d'acheminement des renforts et de la logistique. De ce fait, les chars sont astreints à se déplacer en bordure des routes, afin de ne pas les défoncer. Le rythme de progression s'en trouve ainsi ralenti. Les conditions climatiques difficiles régnant sur le théâtre d’opération Sud rendent enfin primordiales le maintien d’une chaîne d’approvisionnement logistique qui permette de ravitailler les unités en vivres et en eau potable

    Arrow Les forces en présence



    Le rapport de forces global entre les belligérants



    Le dispositif militaire israélien


    Le dispositif militaire égyptien



    Le dispositif militaire syrien

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    FAMAS

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    Date d'inscription : 20/06/2009

    Re: Guerre du Kippour 6 octobre 1973

    Message  FAMAS le Dim 21 Juin - 22:59

    La participation des contingents arabes alliés





    Le rapport des forces réellement engagées dans la bataille
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    FAMAS

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    Re: Guerre du Kippour 6 octobre 1973

    Message  FAMAS le Dim 21 Juin - 23:03

    Arrow Les opérations


    Le 6 octobre 1973

    Le matin :

    A 4 heures du matin, les autorités israéliennes apprennent avec certitude l'imminence de l'offensive arabe. Entre 8 heures et 9 heures 30, elles décident de mobiliser partiellement les réservistes et d'évacuer les colons du Golan. Une heure plus tard, elles décrètent la mobilisation générale. En fin de matinée, elles renoncent, pour des raisons politiques, au déclenchement d'une offensive aérienne préventive contre les armées arabes.

    L'après-midi :

    Sur le front Sud : A 14 heures, l’armée égyptienne lance son offensive. Précédées d’un intense tir de barrage et d’une vaste offensive aérienne, les 2ème et 3ème armées égyptiennes entament la traversée du canal de Suez. Cinq divisions d’infanterie établissent des têtes de pont de l’autre côté de la voie d’eau, isolant progressivement les principaux ouvrages de la Ligne Bar-Lev. Les réactions israéliennes sont désordonnées. L’état-major israélien, en pleine confusion, sacrifie inutilement un nombre important de chars et d’avions dans de vaines contre-attaques. Conjointement, l’armée égyptienne effectue à l’intérieur de la péninsule du Sinaï des actions en profondeur destinées à désorganiser les arrières ennemis.

    Sur le front Nord : A 14 heures, l'armée syrienne passe elle aussi à l'offensive. Après une intense préparation d'artillerie appuyée par l’aviation, trois divisions d'infanterie et deux divisions blindées franchissent la Ligne Pourpre. Des parachutistes syriens s'emparent du Mont Hermon. Dans la soirée, les blindés syriens effectuent une percée dans le secteur sud du Golan, bousculant les maigres défenses adverses. La 188ème brigade blindée israélienne succombe progressivement sous le nombre, au sud de Kunéïtra. La 7ème brigade blindée israélienne parvient quant à elle à contenir la poussée syrienne, au nord de Kunéitra. L'aviation israélienne subit de lourdes pertes en tentant de freiner la progression des blindés syriens. Durant la nuit, la marine israélienne enregistre quant à elle son premier succès en coulant une flottille syrienne au large de Lattaquié.

    Sur la scène diplomatique : A New-York, Kissinger s'efforce tout l'après-midi de contacter les diplomates arabes, israéliens et soviétiques, afin de clarifier une situation des plus confuses. Le gouvernement américain ordonne à la VIème flotte, jusque là éparpillée en Méditerranée, de se regrouper progressivement au large de la Crête, à proximité de la zone des combats.



    Le 7 octobre 1973
    Sur le front Sud : L’armée égyptienne renforce son dispositif, affermit ses positions et élargit ses têtes de pont sur la rive orientale du Canal. Dans le même temps, elle entame la réduction de la Ligne Bar-Lev. La présence égyptienne s’étend désormais sur une profondeur d’une dizaine de kilomètres à l’intérieur du Sinaï. Dix ponts ont été mis en place par le génie égyptien. Les trois brigades blindées israéliennes stationnées à proximité du Canal sont engagées dans la bataille et subissent de lourdes pertes. Les premiers renforts israéliens parviennent sur le front en milieu de journée.

    Sur le front Nord : En début de matinée, les premiers renforts israéliens tentent de stopper la percée syrienne. Celle-ci atteint son apogée en milieu de journée, lorsque les Syriens parviennent à s'emparer de Kunéitra et de Nafakh, tout en progressant vers le Jourdain et le Lac de Tibériade. Les Syriens contrôlent alors la moitié du plateau du Golan. Leur état-major décide cependant de faire une pause opérationnelle en fin de journée. Ce répit permet aux Israéliens de récupérer le carrefour stratégique de Nafakh et de stabiliser la situation. Conjointement, leur aviation continue de harceler sans répit les formations blindées syriennes. La 7ème brigade israélienne est engagée dans la bataille décisive de la Vallée des Larmes, qui dure jusqu'au surlendemain. Les Israéliens échouent dans une première tentative de reconquête du Mont Hermon.

    Sur la scène diplomatique : Les messages enthousiastes des dirigeants arabes affluent en Egypte et en Syrie. Nombreux sont ceux qui promettent une aide matérielle ou financière. Le colonel Kadhafi critique néanmoins la stratégie égyptienne, la trouvant trop timorée. Les autorités égyptiennes entrent de leur côté en contact avec Henry Kissinger, le Secrétaire d’Etat américain, pour lui faire part des conditions qu'elles mettent à la cessation des hostilités. Corrélativement, elles invitent les Etats-Unis à jouer un rôle de premier rang dans le solutionnement politique de la crise. A l'exception de la Roumanie, les Etats du bloc de l'est condamnent sévèrement Israël et soutiennent ouvertement l'Egypte et la Syrie. L'Union soviétique multiplie toutefois les démarches pour convaincre ces deux Etats d'accepter l'entrée en vigueur rapide d'un cessez-le-feu. Damas et le Caire sont contraints de se consulter pour lever toute ambiguïté sur leurs objectifs respectifs.

    Le 8 octobre 1973
    Sur le front Sud : Le commandement israélien déclenche une contre-attaque générale, engageant à cette occasion deux divisions blindées. Mal coordonnée, celle-ci échoue. Les Israéliens subissent à cette occasion de lourdes pertes. L’aviation israélienne, après avoir cumulé les échecs durant les dernières 24 heures en tentant vainement de détruire les ponts égyptiens, reçoit l’ordre de ne plus intervenir le long du canal de Suez. Elle pilonne néanmoins Port-Saïd. La marine israélienne connaît un nouveau succès en remportant une victoire navale contre la marine égyptienne, au large de Damiette. Elle prend ainsi l'initiative des opérations en Méditerranée, alors qu'elle reste sur la défensive en Mer Rouge.

    Sur le front Nord : L'arrivée des renforts israéliens permet de porter un coup d'arrêt à la poussée syrienne. Les blindés israéliens progressent dans trois directions, refoulant lentement les forces syriennes vers leurs lignes de départ. L'aviation israélienne se lance dans l'attaque systématique des batteries de SAM.

    Sur la scène diplomatique : Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit en urgence pour examiner la situation au Proche-Orient. L'Egypte impose l'évacuation de tous les bérets bleus en poste le long du Canal. A l'inverse, les observateurs des Nations unies membres de l’ONUST parviennent à rester à leur poste sur le front du Golan. L'Egypte entame des négociations avec les représentants de l'OPAEP pour les convaincre d'accepter le principe du recours à l'arme du pétrole. La Syrie accepte pour sa part le principe d'une intervention militaire de l'Irak à ses côtés. Aux Etats-Unis, les représentants israéliens font le siège de la Maison Blanche pour obtenir d'urgence la livraison d'armes destinées à remplacer celles perdues depuis le début de la guerre.



    Le 9 octobre 1973
    Sur le front Sud : Le front se stabilise pendant cinq jours, le temps pour les protagonistes de renforcer leur dispositif. L’armée égyptienne dispose désormais de deux têtes de pont homogènes sur la rive orientale du Canal, qui s’étendent chacune sur une profondeur d’une douzaine de kilomètres. Les premiers renforts arabes commencent à parvenir sur le front. L'aviation israélienne, de son côté, continue de pilonner Port-Saïd jusqu'au 17 octobre.

    Sur le front Nord : La bataille de la Vallée des Larmes s'achève par une victoire israélienne à la Pyrhus. Conjointement, les divisions israéliennes encerclent les forces syriennes présentes sur les hauteurs du Golan. L'aviation israélienne se lance dans une vaste campagne de bombardement d'objectifs stratégiques situés en Syrie, qui dure jusqu'à la fin des hostilités.

    Sur la scène diplomatique : L'Union soviétique met en place un pont aérien à destination de l'Egypte, de la Syrie et de l'Irak, destiné à réapprovisionner leurs armées en armes et en munitions. Conjointement, elle organise un pont maritime vers les ports égyptiens et syriens. En Méditerranée, sa flotte se concentre à son tour au large de la Crête pour marquer les navires américains et assurer la protection du pont maritime. Dans le même temps, les Etats-Unis autorisent le transfert en Israël de certains équipements jugés indispensables, à condition que ceux-ci soient transportés par des appareils israéliens.

    Le 10 octobre 1973
    Sur le front Sud : Les Israéliens ont établi une ligne de défense à une quinzaine de kilomètres en retrait du Canal. Des combats sporadiques se déroulent ponctuellement le long de cette nouvelle ligne de feu. A deux reprises, les Egyptiens tentent une percée en direction de Ras el-Sudr, en dehors de leur zone de couverture antiaérienne. A chaque fois, ils sont repoussés après avoir subi de lourdes pertes, imputables en grande partie à l’action de l’aviation israélienne.

    Sur le front Nord : Les troupes israéliennes réduisent la poche de Khushnieh, mettant hors de combat les unités syriennes qui s'y étaient retranchées. Elles reprennent également le contrôle de Kunéïtra. En fin d'après-midi, elles contrôlent à nouveau le plateau du Golan. En cinq jours, les Israéliens sont ainsi parvenus à rejeter les Syriens sur leurs bases de départ et à récupérer l'initiative des opérations.

    Sur la scène diplomatique : Américains et Soviétiques s'entendent pour promouvoir une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui instaure un cessez-le-feu. La Jordanie annonce son intention d'envoyer un corps expéditionnaire en Syrie. Le Royaume-Uni décrète un embargo sur les ventes d'armes à destination des Etats belligérants. Empêtré dans la crise du Watergate, le président Nixon est contraint d'accepter la démission de son vice-président, Spiro Agnew. Celui-ci est remplacé par Gérald Ford.



    Le 11 octobre 1973
    Sur le front Nord : En fin de matinée, les forces israéliennes franchissent la ligne pourpre et passent à l'offensive le long de la route Kunéïtra/Damas. Leur progression est ralentie par l'action retardatrice des Syriens qui se battent avec détermination. Au crépuscule, les Israéliens ont néanmoins progressé d'une dizaine de kilomètres, contrôlant Beit-Jan, Tel Ahmar, Khan Arnaba, Jaba et Tel Shaar.

    Sur la scène diplomatique : Les deux grandes puissances s'entendent pour faire introduire par le Royaume Uni, devant le Conseil de sécurité, leur projet de résolution de cessez-le-feu. Le Congrès américain autorise la livraison d'importantes quantités d'armes à Israël. A la suite de la perte d'un de leur cargo coulé par des vedettes israéliennes, les Soviétiques détachent plusieurs navires de guerre à proximité des ports syriens.



    Le 12 octobre 1973
    Sur le front Nord : Après de violents combats, les Israéliens se rendent maîtres de Mazrat Beit-Jan, Nasej et Tel Mari, mais ils piétinent devant Tel Shams. Les Syriens leur opposent en effet une résistance farouche. Leur aviation multiplie les missions de harcèlement pour tenter de freiner la progression israélienne. L'arrivée des premiers renforts irakiens oblige par ailleurs les Israéliens à réorganiser leur dispositif.

    Sur la scène diplomatique : Echec d’une tentative de médiation britanniques auprès des autorités égyptiennes visant à sonder leur intention d'accepter un cessez-le-feu parrainé par les deux grandes puissances.
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    FAMAS

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    Date d'inscription : 20/06/2009

    Re: Guerre du Kippour 6 octobre 1973

    Message  FAMAS le Dim 21 Juin - 23:09

    Le 13 octobre 1973
    Sur le front Sud : Sur ordre du président Sadate, la majeure partie de la réserve blindée égyptienne traverse le canal de Suez et prend position le long de celui-ci, en vue d’une nouvelle offensive destinée à soulager l’effort de guerre syrien. Le commandement israélien prend de son côté la décision de traverser le Canal, dès que les circonstances le permettront.

    Sur le front Nord : Peu avant l'aube, les forces blindées israéliennes repoussent à proximité de Tel Shaar une attaque irakienne d'envergure. Elles exploitent alors leur avantage et prennent le contrôle de Tel Mashara, Tel el-Mal, Tel el-Alakieh et Tel Antar. A la nuit tombée, des parachutistes israéliens s'emparent de Tel Shams. Epuisées et à court de munitions, les forces israéliennes s’essoufflent et stoppent leur offensive.



    Le 14 octobre 1973
    Sur le front Sud : L’armée égyptienne lance une offensive en direction de Romani, de Tasa et des cols du Sinaï. C’est à cette occasion que se déroule la plus importante bataille de chars depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L’action combinée des avions et des chars israéliens provoque de très lourdes pertes dans les rangs égyptiens. En fin d’après-midi, l’échec est consommé et les autorités du Caire ordonnent à leurs blindés de regagner l’abri des têtes de pont. Les Israéliens récupèrent par là même l’initiative des opérations, après huit jours de combat.

    Sur le front Nord : L'entrée en lice des Irakiens, puis d'autres contingents arabes, entraîne la stabilisation du front, permettant ainsi aux Syriens de réorganiser leur dispositif. Les Israéliens stoppent leur offensive devant Sassa. Ils tiennent néanmoins une ligne qui leur permet d'assurer efficacement la défense du territoire conquis. La banlieue de Damas est à portée de leur artillerie.

    Sur la scène diplomatique : Afin de contrer le pont aérien soviétique, le président Nixon autorise la mise en place d'un pont aérien de grande envergure devant permettre d'acheminer en Israël une quantité importante de matériel militaire. Les premiers appareils de transport américains atterrissent à l'aéroport de Lod en fin d'après-midi. La VIème flotte américaine et l’Eskadra soviétique opèrent désormais au large de la Crête.



    Le 15 octobre 1973
    Sur le front Sud : En fin d’après-midi, le commandement israélien déclenche l’opération Coeur vaillant. Par une manoeuvre hardie, la division du général Sharon parvient à se faufiler entre les différentes positions égyptiennes et à atteindre le Canal au niveau du Déversoir au nord des Lacs Amers. Peu après minuit, les premiers parachutistes israéliens établissent une tête de pont de l’autre coté de la voie d’eau.

    Sur le front Nord : Les Israéliens intensifient leur campagne de bombardements aériens contre la Syrie. Ils ont cependant stoppé leur progression et sont de nouveau sur la défensive. Une bataille d'usure se développe le long de la ligne des tels.

    Le 16 octobre 1973
    Sur le front Sud : Les Egyptiens, surpris, se ressaisissent et tentent de refermer l’étroit corridor menant des lignes israéliennes jusqu’à la tête de pont du Déversoir. De violents combats se développent dans le secteur du corridor, notamment aux alentours de la Ferme chinoise et de la position Missouri.

    Sur le front Nord : Les Israéliens repoussent une contre-attaque arabe menée par les contingents irakiens et jordaniens.

    Sur la scène diplomatique : Réunis à Koweït, les représentants de l'OPEP entérinent une hausse brutale du prix du baril de pétrole, suivie d'une réduction de la production et d'un embargo sélectif à l'encontre des Etats qui soutiendraient Israël. Henry Kissinger reçoit le prix Nobel de la paix pour son action décisive dans le règlement négocié du conflit vietnamien. Le Premier ministre soviétique se rend en Egypte pour convaincre le président Sadate d'accepter un cessez-le-feu sur place.

    Le 17 octobre 1973
    Sur le front Sud : Les combats font rage autour de la Ferme chinoise. Ils se soldent par une coûteuse victoire israélienne. Dans l’après-midi, la 25ème brigade blindée égyptienne, envoyée en renfort dans la bataille, est anéantie le long du Grand Lac Amer en tentant de prendre à revers le dispositif israélien. Deux autres tentatives égyptiennes pour isoler la tête de pont du Déversoir échouent l’une après l’autre. Conjointement, le général Sharon multiplie les raids de harcèlement sur les arrières ennemis. En fin d’après-midi, le premier pont flottant israélien est mis en service. A la tombée de la nuit, les Israéliens sont maîtres de la zone du corridor. Ils peuvent envisager de poursuivre leur action en terre africaine.

    Sur le front Nord : Les Israéliens réorganisent leur dispositif. Ils en profitent pour envoyer quelques bataillons en renfort sur le front Sud. Les combats se limitent à des raids de harcèlement contre les positions adverses.

    Le 18 octobre 1973
    Sur le front Sud : Les Egyptiens bombardent sans relâche la tête de pont du Déversoir, provoquant des pertes sensibles dans les rangs israéliens. Une attaque égyptienne menée contre la partie nord de la tête de pont est repoussée sans difficulté. Les Israéliens tentent de contre-attaquer dans la foulée à travers la bande agricole, en direction de Serapeum, mais leur action échoue. Ils parviennent néanmoins à percer le dispositif ennemi au sud du Déversoir. Leur progression se heurte toutefois à la position fortifiée de Tsach, à partir de laquelle les Egyptiens exercent un contrôle efficace sur toute la région. L’aviation égyptienne, jusque-là maintenue en réserve, multiplie les missions de bombardement contre la tête de pont israélienne. L'aviation israélienne en profite pour abattre un nombre important d'appareils ennemis. Elle entame en outre une vaste offensive aérienne contre les sites de SAM égyptiens.

    Sur la scène diplomatique : A l'issue de sa visite au Caire, le Premier ministre soviétique prouve au président Sadate, photographies satellites à l'appui, l'importance de la tête de pont israélienne et la faiblesse du dispositif égyptien. Sadate accepte le principe d'un cessez-le-feu sur place.

    Le 19 octobre 1973
    Sur le front Sud : Un deuxième pont est mis en place par les Israéliens à travers le Canal. Le commandement israélien engage alors son ultime réserve blindée dans la bataille, afin de réaliser une percée majeure sur les arrières de la 3ème armée égyptienne. La position de Tsach est emportée. Les blindés israéliens se dirigent vers le sud, s'emparent de Maktzera, évitent Mitznefet et Fayid, puis atteignent en soirée les contreforts des collines de Généïfa. Plus au nord, les Israéliens parviennent à s'emparer de Serapeum après de violents combats le long de la bande agricole, en direction d'Ismaïlia.

    Sur le front Nord : Les Israéliens repoussent difficilement une nouvelle contre-attaque irako-jordanienne.

    Sur la scène diplomatique : Le pont aérien américain atteint son apogée. Il dépasse désormais en volume celui des Soviétiques. Les autorités soviétiques invitent Kissinger à Moscou, afin de discuter des termes d'un éventuel cessez-le-feu.


    Le 20 octobre 1973
    Sur le front Sud : Les forces blindées israéliennes poursuivent leur exploitation vers le sud, détruisant sur leur passage de nombreuses batteries de missiles antiaériens. Les troupes israéliennes occupent en fin de soirée les collines de Généïfa, menaçant la route menant au Caire. Les poches de Fayid et de Mitznefet continuent cependant de résister. Au nord du Déversoir, la progression des Israéliens est stoppée à une dizaine de kilomètres au sud d'Ismaïlia par la défense acharnée des parachutistes égyptiens. Sur la rive orientale du Canal, les combats se focalisent autour de la position de Missouri, pilonnée sans relâche par l'artillerie et l'aviation de chacun des deux camps.

    Le 21 octobre 1973
    Sur le front Sud : Les Egyptiens déclenchent, peu avant l'aube, une contre-attaque dans la région de Généïfa. Celle-ci est repoussée par les forces israéliennes qui continuent leur progression en direction de Suez. Conjointement, la poche de Fayid tombe, ce qui permet aux Israéliens de disposer d'une ligne de communication plus sûre avec leur tête de pont. Sur la rive orientale, les Israéliens échouent dans leur tentative visant à s'emparer de Missouri.

    Sur le front Nord : Alors que des combats sporadiques perdurent le long de la ligne de feu, les Israéliens lancent une complexe opération interarmes qui leur permet de reprendre le contrôle du Mont Hermon, le lendemain matin. L'aviation syrienne effectue un baroud d’honneur à cette occasion, perdant de nombreaux appareils.

    Sur la scène diplomatique : Américains et Soviétiques s'entendent à Moscou sur les termes d'un cessez-le-feu


    Le 22 octobre 1973
    Sur la scène diplomatique : Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 338 imposant un cessez-le-feu sur place, qui doit entrer en vigueur le jour même à 18 heures 52 (heure locale). Kissinger quitte Moscou en fin de matinée et se rend à Tel-Aviv, sur la requête du Premier ministre israélien, pour éclaircir les conditions dans lesquelles le cessez-le-feu a été négocié. Il s'envole en fin d'après-midi pour les Etats-Unis, rendant compte de la situation au ministre britannique des affaires étrangères, lors d'une brève escale à Londres.

    Sur le front Sud : Les Egyptiens, retranchés aux abords d'Ismaïlia, repoussent une nouvelle attaque israélienne. Les blindés israéliens en exploitation sur les arrières de la 3ème armée atteignent le canal de Suez au sud des Lacs Amers, s'emparant des camps militaires de Généïfa, d'Odeda et de Metzila. Conjointement, les forces israéliennes continuent de nettoyer le terrain conquis. En début de soirée, les combats cessent progressivement. La situation sur le terrain est cependant confuse car le dispositif égyptien et le dispositif israélien demeurent étroitement imbriqués.

    Le 23 octobre 1973
    Sur le front Sud : Le cessez-le-feu est rompu dans la nuit. Les unités égyptiennes isolées cherchent à rompre l'encerclement tandis que les forces blindées israéliennes poursuivent leur progression vers le sud, en direction de Suez. Au crépuscule, les Israéliens atteignent les contreforts du Djebel Ataka et les faubourgs de Suez, encerclant complètement la 3ème armée égyptienne. Dans la nuit, ils parviennent à s'emparer de la base navale d'Adabiya, sur la Mer Rouge.

    Sur le front Nord : Durant toute la journée, le cessez-le-feu est rompu régulièrement par des tirs sporadiques et par quelques duels d'artillerie. A la tombée de la nuit, le calme s'installe et le cessez-le-feu entre effectivement en vigueur, mettant fin à la phase active de la guerre sur le front Nord.

    Sur la scène diplomatique : Le président Sadate adresse un message aux autorités américaines et soviétiques pour tenter de les impliquer directement sur le terrain. Les Etats-Unis rejettent sa demande tandis que les Soviétiques en acceptent le principe. A Washington, les derniers développements politiques dans la crise du Watergate éclipsent l'évolution de la situation au Proche-Orient.

    Le 24 octobre 1973
    Sur le front Sud : Les forces israéliennes s'emparent du camp égyptien situé au Kilomètre 101, élargissant ainsi leur présence sur la rive occidentale du Canal. Dans le même temps, elles échouent dans leur tentative de s'emparer de Suez.

    Sur la scène diplomatique : La poursuite des combats sur le front Sud laisse planer la menace d'une intervention directe des deux grandes puissances, qui ont parrainé l'instauration du cessez-le-feu. La tension monte entre la Maison Blanche et le Kremlin.

    Le 25 octobre 1973
    Sur la scène diplomatique : Washington met en alerte les forces américaines à travers le monde, y compris les forces nucléaires. Un nouveau groupe aéronaval américain pénètre en Méditerranée. Cette démonstration de force de la Maison Blanche est suivie par celle du Kremlin, qui met à son tour en alerte les forces soviétiques stationnées en Europe de l'Est et dans le Caucase. Pendant une dizaine d'heures, la situation demeure extrêmement tendue. Le président Sadate retire finalement sa demande d'intervention directe des deux grandes puissances. La tension diminue progressivement. Le Conseil de sécurité adopte la résolution 340 instituant une force d'urgence des Nations unies destinée à s'interposer entre les belligérants.

    Sur le front Sud : Les Israéliens échouent dans une nouvelle tentative visant à s'emparer de Suez. Ils parachèvent néanmoins l'encerclement de la 3ème armée en détruisant tous les ponts égyptiens dans ce secteur et en coupant les canalisations alimentant celle-ci en eau et en carburant. La 3ème armée égyptienne est désormais totalement isolée. A 17 heures, le cessez-le-feu devient effectif sur le front Sud après plus de dix-neuf jours de combats intenses.



    Le cessez-le-feu et ses suites
    Dès le 28 octobre, alors que les premiers détachements de casques bleus dépêchés sur place par les Nations unies s’efforcent d’organiser le ravitaillement de la troisième armée égyptienne isolée, des émissaires égyptiens et israéliens se rencontrent au kilomètre 101 de la route reliant Suez au Caire, à proximité de la ligne de front. Le 11 novembre 1973, ils y paraphent un accord de cessez-le-feu au terme duquel ils s’entendent pour échanger leurs prisonniers. Malgré l’échec d’une première conférence de paix à Genève, au mois de décembre suivant, le dialogue technique progresse tant et si bien qu’un accord de désengagement des forces est conclu le 18 janvier 1974, de nouveau au kilomètre 101. Les Israéliens se retirent jusqu’à une trentaine de kilomètres en deçà du canal de Suez, tandis que les Egyptiens récupèrent le contrôle des deux rives du Canal, avec l’obligation de n’y entretenir qu’un contingent limité. Entre les deux, une zone tampon est occupée par les casques bleus.

    Le 31 mai 1974, un accord de désengagement des forces est également conclu avec la Syrie, par l’intermédiaire des Nations unies. Les Israéliens se retirent du saillant de Sassa, tandis qu’une force de casques bleus se déploye sur l’ancienne Ligne Pourpre, prenant Kunéïtra, désormais démilitarisée, comme quartier général. La guerre du Kippour est officiellement terminée.
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    FAMAS

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    Re: Guerre du Kippour 6 octobre 1973

    Message  FAMAS le Dim 21 Juin - 23:16

    Le déroulement des opérations sur le front nord (6-22 octobre 1973)


    Le déroulement des opérations sur le front sud (6-25 octobre 1973)



    Les pertes subies



    Quel bilan retenir de ce conflit ?

    Une victoire militaire pour les Israéliens
    Sur le plan militaire, l'armée israélienne a remporté une victoire indéniable. L'armée syrienne, renforcée d'importants contingents arabes alliés, a dû céder du terrain et s’est retrouvée sur la défensive autour de la poche de Sassa. La survie de la 3ème armée égyptienne encerclée ne dépend plus à court terme que du bon vouloir des Israéliens. Les pilotes arabes n’ont pas été en mesure de contester la supériorité de l’aviation israélienne ; 277 appareils arabes ont en effet été abattus au cours de duels aériens. La marine israélienne s’est imposée en Méditerranée, coulant ou capturant dix navires égyptiens et syriens, validant du même coup l'emploi du missile antinavire dans les combats navals modernes.

    Cette victoire militaire n’est cependant pas décisive. L’armée israélienne a essuyé de graves revers durant les trois premiers jours du conflit. Elle n’est pas parvenue à refouler les têtes de pont égyptiennes établies dans le Sinaï. Ses faibles performances durant les premiers jours de la guerre résultent en fait de la combinaison de plusieurs éléments. Contrairement aux guerres précédentes, le facteur surprise a cette fois-ci pleinement joué contre les Israéliens. Le plan de déception mis au point par les Arabes a correctement fonctionné, aveuglant les responsables israéliens des services de renseignement. Ces derniers, bien que possédant tous les éléments d'information leur permettant de conclure à l'imminence d'une attaque arabe, ont cependant commis une erreur d’interprétation, qui a été amplifiée par des dysfonctionnements internes. Leur problème ne fut pas d’obtenir le renseignement, mais de l’exploiter correctement.

    Cet échec s’explique également par la conjonction, entre la guerre des six jours et celle du Kippour, d'un double processus de dégradation dans l'armée israélienne et de redressement au sein des armées arabes qui a réduit l'écart qualitatif entre les armées belligérantes. Corrélativement, le succès initial des Arabes s’explique par la rigueur exemplaire de leur processus de planification. La mise au point de la traversée du canal de Suez par l'état-major égyptien restera à cet égard un modèle du genre.

    Sur le plan opérationnel, l’échec initial des Israéliens résulte du non respect de certains principes essentiels de l’art de la guerre : liberté d’action, unité de commandement, économie des forces et concentration des moyens. Sur le plan tactique, cet échec s’explique enfin par une utilisation peu rationnelle des blindés et des avions. Les chars ont été engagés dans des charges folles, sans le moindre soutien d'infanterie ou d'artillerie, ignorant ainsi les principes élémentaires du combat interarmes. L’aviation a été engagée dans des missions d'attaque au sol, avant même d'avoir circonscrit la menace principale émanant d'une défense antiaérienne arabe extrêmement dense et efficace. Les Israéliens ont cependant sû tirer les leçons de leurs erreurs, reprenant progressivement le dessus après avoir rétabli un concept de combat cohérent. Les dirigeants arabes, de leur côté, n’ont pas su ou pas voulu exploiter leurs succès des premiers jours, menant leurs opérations suivant une logique politique et non pas militaire.


    Un succès symbolique pour les Arabes
    Sur le plan strictement politique, les Arabes peuvent se targuer d'un réel succès symbolique. En démontrant l'efficacité de l'arme du pétrole et en exacerbant la confrontation des deux grandes puissances, ces derniers sont en effet parvenus à conférer à cette crise une résonance mondiale, insufflant une nouvelle dynamique au conflit israélo-arabe. La guerre d’octobre a mis en évidence un renouveau du sentiment de solidarité arabe qui semblait passé de mode depuis la mort de Nasser. Pour la première fois depuis vingt-cinq ans, une coalition de circonstance englobant des forces appartenant à douze pays arabes s’est trouvée réunie face à Israël. Le sentiment général qui prévaut dans le monde arabe est donc celui d'une grande victoire. Peu importe que les troupes israéliennes aient pris pied en terre africaine et qu'elles encerclent une armée entière. Les armées arabes sont à nouveau présentes dans le Sinaï et elles n’ont pas été écrasées. Ce sont là les deux points essentiels. Les difficiles négociations qui suivent la fin des hostilités mettent néanmoins en exergue les divergences d'intérêts notables subsistant au sein d’un monde arabo-musulman divisé, notamment après que l'Egypte ait accepté d’entamer des négociations directes avec Israël.

    En Israël, cette guerre a constitué un véritable électrochoc. De nombreux mythes de la société israélienne se sont effondrés : invincibilité de l’armée, infaillibilité des services de renseignement. La population israélienne n’a jamais connu jusqu’alors de crise morale aussi grave. Il faudra attendre le miasme du conflit libanais, l’Intifada puis l'assassinat du Premier ministre Ytzhak Rabin, pour assister à une remise en cause d'une telle importance. L’image de marque d’Israël s’est en outre dégradée à travers le monde, renforçant un peu plus l'isolement diplomatique de l'Etat hébreu. Ses relations privilégiées avec l’allié américain ont connu de réels soubresauts. Paradoxalement, les élections générales de décembre 1973 ne reflètent pas ces bouleversements, l'équipe de Golda Meir étant reconduite aux affaires. Dans les mois qui suivent la fin des hostilités, la commission d’enquête Agranat s’empresse de jeter en pâture au pays les noms de quelques responsables militaires, préservant soigneusement les élites politiques.

    Une percée diplomatique pour les Américains
    Sur le plan international, la guerre, qui a engendré un choc pétrolier lourd de conséquences, met à l'épreuve la nouvelle logique de détente instaurée progressivement entre les deux blocs et suscite une brèche dans les relations américano-européennes.

    Les deux grandes puissances n’ont pas souhaité le déclenchement des hostilités. Une situation de statu quo répondait bien davantage à leurs intérêts réciproques. Elles n’ont rien fait cependant pour en empêcher le déclenchement. Pris au piège de leur propre politique clientéliste et ne pouvant se permettre de voir l'autre camp l'emporter, Américains et Soviétiques se sont laissés entraîner dans une crise qu'ils se sont efforcés de gérer au mieux de leurs intérêts, acceptant de réapprovisionner leurs protégés. En manoeuvrant habilement, la Maison Blanche, pourtant en pleine crise du Watergate, prend l'ascendant sur le Kremlin, réalisant une percée diplomatique lui permettant de rétablir ses relations avec l'Egypte, tout en éloignant ce pays un peu plus de la sphère soviétique. Lors des difficiles négociations qui suivent la fin de la guerre, les Etats-Unis démontrent que seule leur méthode des petits pas, chère à Henry Kissinger, semble susceptible d’aboutir à des résultats tangibles.

    Cette crise met néanmoins en exergue des dissensions au sein de l'Alliance atlantique. Les Européens ont refusé d'accueillir sur leurs bases les aéronefs américains à destination d'Israël, tandis que les Turcs ont laissé transiter au dessus de leur espace aérien les aéronefs soviétiques à destination de la Syrie et de l'Irak. L'Europe occidentale, à l'exception de la France et du Royaume-Uni, est pour sa part restée très en retrait, obnubilée par le souci de garantir ses sources d'approvisionnement énergétique dépendant très largement du pétrole arabe. Par une diplomatie active, Français et Britanniques tentent quant à eux de renforcer leur position au Proche-Orient, sans pour autant participer à une croisade ayant pour finalité de promouvoir les seuls intérêts américains. La France essaye ainsi de susciter un dialogue direct entre Arabes et Européens, faisant valoir la complémentarité de leurs économies, mais cette tentative, qui heurte de front les intérêts américains, n’est pas suivie par ses partenaires.

    Un conflit riche en enseignements militaires
    La guerre du Kippour apparaît en définitive comme un conflit plus équilibré et plus disputé que l'image qui en a souvent été présentée. Le rapport des forces en présence s'est avéré moins déséquilibré que ce que les autorités arabes et israéliennes ont longtemps laissé entendre. L’impact réel de l’aide matérielle fournie par les deux grandes puissances à leurs alliés respectifs ne fut pas aussi décisif que ce que les Américains et les Soviétiques ont longtemps prétendu.

    Cette guerre constitue le premier conflit mécanisé de haute intensité depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Elle a démontré l'importance du renseignement pour contrer l'effet de surprise. Elle a permis de valider, de nuancer ou de rejeter certains concepts opérationnels. Elle a servi de banc d'essai à de nombreuses armes récentes, qui n'avaient pas eu l'occasion de subir l'épreuve réelle du feu. Elle a démontré une nouvelle fois que la qualité l’emportait sur la quantité et que le facteur humain jouait toujours un rôle essentiel dans la conduite de la bataille.

    La haute technologie a eu un impact considérable sur le déroulement des combats. La notion de C3I s’est imposée comme une donnée fondammentale du combat moderne. L’efficacité des missiles, bien que réelle, a cependant été exagérée. Le char et l'avion ont démontré qu’ils restaient les vecteurs essentiels du combat mécanisé, à condition de s’intégrer dans un environnement interarmes leur assurant soutien et protection. Si l'aviation a joué un rôle important pendant le conflit, celui-ci n'a pas été aussi décisif qu'en juin 1967. A l'inverse de la guerre des six jours, ce sont en effet les chars qui ont cette fois-ci ouvert la voie aux avions. La puissance et l’efficacité de l’arme aérienne ont donc été surestimées, comme peu de temps auparavant lors de la guerre du Vietnam, puis dix-huit ans plus tard lors de la guerre du Golfe. Une fois de plus, les évènements ont démontré que la guerre se perdait ou se gagnait au sol. De manière plus globale, la nécessité d’une approche interarmée, voire interalliée, s’est imposée comme l’un des enjeux majeurs pour la conduite efficace d’un conflit d’envergure.

    SOURCE : NET4WAR

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    Re: Guerre du Kippour 6 octobre 1973

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